La femme congelée, Jon Michelet

Les livres oubliés de Ge

Des bouquins qui trainent depuis bien trop longtemps dans ma bibliothèque…

Le livre : La femme congelée de Jon Michelet. Roman traduit du norvégien par Éric Eydoux. Paru le 31 mars 2011 aux Presses universitaires de Caen dans la collection Fabulae. 18€. (264 p.) ; 22 x 14 cm. 

Réédité en Points. Policiers, n° 2751 le 5 janvier 2012

4e de couv : 

Dans La Femme congelée, le premier roman de Jon Michelet à être traduit en français, l’inspecteur Thygesen est maintenant rangé des affaires. Cependant, un cadavre de femme ayant été découvert dans son jardin, il se retrouve mêle à une enquête dont les ingrédients sont des bandes de motards, un trafic d’amphétamines, la nouvelle mafia des pays de l’Est, le milieu de la police norvégienne et les magouilles des politiciens locaux, un inquiétant cocktail d’où il ressort à l’évidence que la Norvège n’est plus épargnée par les maux des sociétés contemporaines.

Ce livre a valu à Jon Michelet de recevoir pour la deuxième fois le Grand Prix norvégien de la littérature policière (2001). On notera aussi que plusieurs de ses romans ont été portés à l’écran et traduits en une dizaine de langues.

L’auteur : Jon Michelet est un écrivain norvégien né  à  Moss le 14 juillet 1944. Il est  fils du peintre Johan Fredrik Michelet et le père de l’auteur Tania Michelet et journaliste Marte Michelet .
Il a étudié à l’Ecole de journalisme d’Oslo . Jon Michelet a travaillé comme marin, docker, journaliste, animateur de télévision, éditeur et rédacteur.
Dans la période 1997 – 2002 , il a été rédacteur en chef du journal norvégien la lutte des classes.
Il a publié des romans, des livres pour enfants, pièces de théâtre et de la prose. Pionnier du genre policier dans son pays où il a reçu deux fois le Grand Prix de littérature policière, Jon Michelet nous a quitté en 2018
Extrait :
« Picéa, c’est le nom qu’ils ont donné à la morte anonyme, d’après le mot latin qui signifie « sapin ». C’est Stribolt qui l’a proposé spontanément, et maintenant il le regrette, car cela lui fait penser à Ikea, il devient claustrophobe et perd toute envie d’acheter.
L’homme de Västera a été condamné pour avoir commis un viol et tripoté des mineurs. PIcéa n’a cependant pas été victime de violences sexuelles. Ils le savent, pour autant qu’une autopsie permette de savoir ce genre de choses. Du coup, l’instinctive répulsion que provoque ce type de criminels leur est épargnée mais, dans le même temps, ils sont obligés de renoncer à une piste qui conduit souvent à une arrestation.
– Et rien du côté d’Interpol ? demande Stribolt.
– Rien de vraiment exploitable. Mais pour ce qui est des femmes, j’ai eu mon content d’horreurs ! C’est incroyable toutes ces femmes venues d’ailleurs qui disparaissent chaque année en Europe. Et plus stupéfiant encore, le nombre de jeunes filles et femmes de couleur retrouvées mortes, pour la plupart impossible à identifier. A Lyon, ils ont des listes interminables ! Trois à quatre cents femmes étrangères à l’espace Schengen tuées annuellement sur notre continent. Et pour quantité d’entre elles, Interpol n’arrive jamais à savoir ni qui elles sont ni qui les a tuées.
Vaage a parlé avec des trémolos dans la voix, bien plus longtemps que d’ordinaire. Elle garde maintenant les mâchoires serrées et son visage, un temps mélancolique, a perdu son expression habituelle. Un court instant, elle est sortie de son rôle, ce rôle dans lequel ils sont l’un et l’autre entrés, afin de supporter leurs routinières rencontres avec la mort et de tenir à distance les psychiatres de crise.
Lui qui, après une longue collaboration connaît Vanja Vaage mieux que son propre père, attend que, reprenant leur jeu de rôle, elle redevienne la flicarde de choc qu’elle a la réputation d’être. A présent, les bras raidis le long du corps, elle vacille. Certes, elle ne pliera pas comme le roseau dans le vent. Elle est bien trop robuste. Mais elle a montré une fragilité dont il connaît naturellement l’existence, même si elle ne se manifeste que rarement.
– Assieds-toi donc, Vanja, dit Stribolt qui n’arrête pas de se racler la gorge.
Suivant l’exemple de Thygesen, il a essayé de priser. Mais sans succès. Avec de la crotte de chat pulvérisée, l’effet aurait été exactement le même. »

Le post-it de Ge

La femme congelée, Jon Michelet

L’inspecteur Thygesen s’est retiré des affaires. Lorsqu’un cadavre de femme est retrouvé dans son jardin, il est mêlé malgré lui à l’enquête. le passé de cet ancien policier en fait un suspect idéal : il a été mêlé à plusieurs affaires criminelles et accusé de meurtre. L’évidence de sa culpabilité semble arranger beaucoup de monde… Car une enquête approfondie menacerait de révéler les trafics des mafias et la corruption politique d’un pays jusque-là jugé modèle, la Norvège.
Jon Michelet a été un pionnier du genre policier dans son pays. Son héros Vilhelm Thygesen est la figure même du anti-héros. Il a le don de se foutre dans les embrouilles. Mais avec lui on est certain de découvrir les dessous peu relisant et la faune interlope de la capitale norvégienne. Michelet et Thygesen dénoncent le modèle social de leur pays souvent cité en exemple dans les pays d’Europe du sud et il nous donne à voir une Norvège corrompue et gangrénée elle aussi par les mafias. Loin de l’image lisse qu’Oslo laisse transparaître.
Ici l’auteur nous propose un roman classique et bien construit, qui hésite entre le polar d’ambiance et le policer procédurier. Si on peut déplorer quelques longueurs, ce polar mâtiné de roman noir devrait plaire aux amateurs de polar nordique. Pas de doute je le recommande car pour moi qui suis fan de la première heure de Sjöwall et Wahlöö, Jon Michelet fut une belle découverte. Un titre à lire et à faire découvrir.

 

Livre lu dans le cadre de 4 défis littéraires

 – Challenge : Auteurs des pays Scandinaves chez Céline

– Challenge Thriller et polar 2022- 2023 chez Sharon

 – Challenge « Le tour du monde en 80 livres » chez Bidb (Norvège).

 – Le Pumpkin Autumn Challenge 2022 chez Guimause

15 réflexions sur “La femme congelée, Jon Michelet

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